La Vallée du Rhône

 Vignoble de la vallée du Rhone

1. Introduction

La plupart des grands vignobles sont bordés par des fleuves : le Rhône ne fait pas exception. Les vignobles de la vallée du Rhône s'étendent sur 200 kilomètres, de Vienne à Avignon. Répartis entre 163 communes de 6 départements (Ardèche, Rhône, Loire, Gard, Drôme, et Vaucluse), 58 000 hectares AOC produisent un total de 3 millions d'hectolitres. Elle est occupée par la plus vaste appellation régionale après Bordeaux. Parmi la trentaine d'appellations, certains terroirs présentent des similitudes qu'ils doivent au fleuve, mais il n'y a cependant pas d'unité d'ensemble. Le mistral est le seul vrai trait d'union entre tous ces vignobles : en effet, les influences continentales et méditerranéennes se disputent la vallée. Il convient de distinguer deux régions très différentes du fait de leur sol, du climat mais aussi de l’encépagement: 1. Le nord, de Vienne à Valence, est montagneux caractérisé par des vallées étroites, par un sol schisto-granitique et un climat de type continental modéré (étés chauds mais hivers rigoureux). Les vignes, consignées dans des limites étroites, s'accrochent à des pentes raides imposant le travail manuel. L'unicité du cépage est souvent la règle. D'ailleurs, la Syrah est le seul cépage employé pour les rouges.

En blanc : Viognier, Roussanne, et Marsanne.

Les vins sont tous classés en AOC communale au nombre de 8. Il n’y a pas d’AOC régionale (Côtes du Rhône et CdR village). Les VR représentent 85 % de la production et 15% pour les VB. Il y a 200 caves particulières, 6 négociants et 4 coopératives. 15-20% de la production sont exportés.

Des vins blancs :


 • Condrieu,
 • Château-Grillet,
 • Saint-Joseph blanc,
 • Hermitage blanc,
 • Crozes-Hermitage blanc,
 • Saint-Péray.

 Et des rouges :


 • Côte-Rôtie,
 • Saint-Joseph,
 • Hermitage rouge,
 • Crozes-Hermitage rouge,
 • et Cornas.

Le sud, d'Orange à Avignon, est constitué principalement de plaines et de collines, avec quelques zones de basses montagnes telles que les Côtes du Ventoux. Les sols, d'origine calcaire, sont recouverts d'alluvions et très caillouteux. Le climat est de type méditerranéen. Le sud produit un peu de blanc, mais le rouge est largement majoritaire. La multiplicité des cépages est la règle.

En rouge, le cépage de base est le Grenache, auquel on associe Cinsault, Mourvèdre, Syrah, Carignan, et quelques autres.
En blanc, les cépages dominants sont le Grenache blanc, la Clairette, et le Bourboulenc.
4 départements sont producteurs : Ardèche, Gard, Vaucluse et Drôme.

 • Côtes du Rhône,
 • Côtes du Rhône-Villages,
 • Côtes du Rhône-nom de village,
 • Gigondas,
 • Vacqueyras,
 • Lirac,
 • Châteauneuf-du-Pape,
 • Coteaux du Tricastin,
 • Côtes du Ventoux,
 • Côtes du Luberon,
 • Coteaux de Pierrevert.
 
Quelques particularités :

 • Tavel : uniquement du rosé,
 • Rasteau : vin doux naturel,
 • et Beaumes-de-Venise : vin doux naturel.

 Ces deux régions sont séparées par un vide viticole de 50 kilomètres, et il faut alors s'éloigner un peu de la vallée du Rhône pour retrouver des vignobles : le Diois à l'est, le Vivarais à l'ouest.

2. Le Nord

 

2.1 Vignobles du nord 

La Syrah est le cépage typique de la vallée du Rhône septentrional et la légende veut que ce soit le cépage du vin des noces de Cana….
La vallée du Rhône septentrional a la chance de pouvoir présenter à la clientèle toute une gamme de vin à l’exception de vins rosés et des vins primeurs :

 

Vin mousseux : Saint-Péray
Vin blanc sec : Saint-Péray, Hermitage, Condrieu, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph
Vin blanc moelleux : Hermitage vin de Paille, Condrieu
Vin de pays (VDP) VDP des Balmes Dauphinoises (Isère) et VDP des Coteaux de l’Ardèche (Ardèche) : 2 vins à boire sans laisser vieillir, le second étant meilleur (plus net et plus vif).
On trouve en Drôme le VDP de la Drôme (ou VDP des Coteaux de Baronnies) et le VDP d’Urfé à base de Gamay.

 

2.2. AOVDQS Côtes de Forez (1956)

 

C’est dans le département de la Loire qu’est élaboré ce VDQS en vin rouge (VR) et vin rosé (Vr). Ce sont des vins légers assez nerveux que l’on aura intérêt à boire jeune. C’est la coopérative de Trellins qui vinifie la plus grande partie de la production. Production de 6000 hl sur 100 ha (200 ha possible).

 

2.3. AOVDQS Haut Comtat

 

6 communes dans la Drôme. Ce sont des VR assez chauds, solides, colorés à partir de Grenache (50% au moins), de Carignan, de Mourvèdre et de Cinsault. Les Vr sont aimables.

 

2.4. AOC Côte Roannaise

 

Ce sont des VR ou Vr à partir de Gamay dans 25 communes autour de Roanne et de Rempaisson.
La macération carbonique est pratiquée : style beaujolais fluide et léger à boire jeune et frais.
Superficie de 100 ha sur 900 ha possibles.
Production de 4000 hl dont la moitié est achetée par le Savour Club.
Troisgros possède un vignoble.

 

2.5. AOC Condrieu (1936)

 

Ce terroir, à 11 Km au Sud de Vienne, qui comprend 7 communes, parfois appelé "Côte chérie" localement, s'étend sur la rive droite du Rhône, à Condrieu lui-même (département du Rhône), Limony dans l'Ardèche, et les communes suivantes de la Loire : Chavanay, Malleval, Saint-Pierre-de-Boeuf, Saint-Michel, et Vérin.
Les sols sablo-argileux, riches en micas (= arzelle), y sont plus légers qu'en Côte Rôtie.

Degré minimum de 11°.
Production de 2500 hl.
Les Condrieu ont été vendus longtemps sous le nom de vin blanc (VB) de Côte Rôtie.
Le cépage unique est le Viognier, objet d'un engouement peut-être un peu excessif ces dernières années : on l'a planté un peu partout dans les Côtes du Rhône, le Midi, et jusqu'en Californie dans la vallée de NAPA.
Condrieu lui-même s'est agrandi très (trop ?) rapidement : de 16 ha voici une dizaine d'années, il est en passe d'atteindre les 110 ha.
De nombreuses vignes sont encore très jeunes et il faudra quelques années avant que le Condrieu retrouve son niveau d'antan.
Le Viognier est un cépage qui est capricieux et qui produit peu (30-35 hl/ha) et il vit deux fois moins que les cépages nobles.
Il possède des degrés de maturité assez élevé (12%) mais il se caractérise par un manque d’acidité d’où gras et rondeur.

Deux procédés d'élevage :
1. La mise en bouteille au printemps donne un vin moelleux dû au sucre résiduel.
2. Le vieillissement en fûts pendant 18 mois donne un vin sec, beaucoup plus typique, dont la douceur et la souplesse remarquables sont dues à la glycérine.

Le Condrieu, racé et délicat, au bouquet de violette ou d'acacia suave et pénétrant, est à boire jeune (1 à 3 ans) car il vieillit mal, sèche et se madérise.
A bonne maturité, il peut présenter des saveurs de pêche et d'amande.

Gamme aromatique : violette, abricot, pêche, grillé, minéral

 

2.6. AOC Château-Grillet (1936)

 

Enclavé dans le Condrieu, perché sur un coteau granitique abrupt, à la limite de Vérin et de Saint-Michel-sur-Rhône, c'est le monopole du Domaine de Château-Grillet : 3,8 ha produisant 100 hectolitres. C’est un cas presque unique dans la viticulture française puisque cette appellation n’est produite que sur un seul domaine. Issu du seul Viognier, raisin de faible rendement, ce vin au nez de violette, peut être considéré comme un super Condrieu, mais plus fin que ce dernier, il donne parfois la sensation rare d'être à la fois sec et moelleux, avec un arrière-goût épicé et persistant. Il vieillit mal (à boire dans les deux ans) et voyage difficilement, mais Curnonsky le considérait comme l'un des cinq plus grands blancs français.

 

2.7. AOC Saint-Péray (1936)

 

Près de Valence, mais dans l'Ardèche, en arrière du mont du Crussol que couronnent les ruines d'une forteresse, Saint-Péray fait des blancs de Marsanne et Roussanne (5 ha). C’est l’AOC la plus méridionale des CdR du Nord. Arène granitique et limon ou sol argilo-calcaire Un vin tranquille, sec, nerveux et fin, à la robe jaune paille, aux arômes floraux délicats. Mais surtout un mousseux (70%) élaboré par seconde fermentation en bouteille, doré, plus plein que le Champagne, au goût d'acacia qui se manifeste lentement. C'est sans doute, après le Champagne, le meilleur effervescent français, produit à raison de 2.700 hl sur 58 ha. Sa production tend à diminuer (marché concurrent et faible volume de production).

Gamme aromatique : aubépine, violette, acacia, miel, minéral

 

2.8. AOC Côte Rôtie

 

Marquant l'extrémité septentrionale des terroirs de la vallée du Rhône, sur la rive droite à 7 kilomètres de Vienne et à 65 Km au nord de Valence, ce vignoble de 200 ha bénéficie d'un cadre superbe. Il occupe des coteaux abrupts (pente pouvant aller à 35%, d’où mécanisation impossible), exposés au sud-est, sur lesquels il s'étage en terrasses caillouteuses retenues tant bien que mal par des murets (cheys), et dont il faut remonter des tonnes chaque année. L'appellation est accordée à des parcelles de 4 communes : Ampuis, Tupin, Semons, Saint-Cyr. C’est le vignoble le plus ancien : ce serait le site de la viticulture gauloise. La Syrah est le cépage quasi-exclusif. Autrefois, on lui associait un peu de Viognier pour obtenir un vin plus souple et équilibré, mais les progrès de l’œnologie permettent maintenant d'employer la seule Syrah. La vigne est conduite de façon originale, où les ceps sont associés par paires.

Climat non méditerranéen mais plutôt lyonnais (tempéré frais avec des précipitations modérées mais assez bien réparties dans l’année).
Rendement de 43 hl/ha avec un degré minimum de 10°.

On distingue le Côte brune (Terroirs les plus connus : La Turque, Pommière, La Chevalière, La Côte Bodin) vin de Syrah corsé, très coloré; et le Côte blonde (La Mouline, la Châtillonne), plus souple, mélange de Syrah et de Viognier (20% maximum) en l’honneur des deux filles du seigneur d’Ampuis. En fait cette distinction est d’ordre géologique : gneiss (calcaire) pour les Côtes Brunes et schistes (argileux) pour les Côtes Blondes. Aujourd'hui, on mélange dans une même cuvée les vendanges de ces deux coteaux aux qualités complémentaires. Il y a d’autres coteaux qui ne font pas partie des 2 côtes comme La Landonne. Le vignoble produit 6800 hl d'un excellent vin qui mérite d'être attendu 5 à 10 ans, et est capable de vieillir 20 à 30 ans. Aussi somptueux que les meilleurs Châteauneuf-du-Pape mais plus distingué, il présente un nez intense de framboise et de cassis, avec des touches de violette. Bien structuré mais moins riche en alcool que sa couleur ne le laisse croire, il accompagne volontiers des plats épicés tels que le gibier. C’est le vin le plus fin du Rhône : la composante tannique n’est pas négligeable mais elle possède une expression élégante et soyeuse.

Gamme aromatique : Griotte, cerise à l’eau de vie, grillé, violette

 

2.9. AOC Hermitage (1936)

 

Autrefois, on écrivait Ermitage, et certains tiennent à conserver cette orthographe. En effet, le vignoble doit son nom à un ermitage bâti sous le règne de Blanche de Castille, par le Chevalier Gaspard de Stérimberg qui s'y retira pour faire pénitence après la croisade de 1224 contre les Cathares. L'ermitage était situé à proximité de la chapelle qui subsiste sur la colline Saint-Christophe. Après le Chevalier, d'autres ermites continuèrent à faire un vin qui devint fameux. Il lui arriva même d'être utilisé à Bordeaux, mélangé au vin local, et exporté sous le nom de Bordeaux Hermitage. Deux communes (Tain l’Hermitage et Crozes-Hermitage) produisent 5.000 hl sur 125 ha de la rive gauche, dont 3.800 en rouge et 1.200 en blanc, soit environ 70% de VR et 30% de VB. Le rouge est issu de Syrah, mais peut contenir jusqu'à 15% de Marsanne et Roussanne (des cépages blancs !) mais ceci est très peu employé. Dans sa jeunesse, doté de l'amertume caractéristique de la Syrah, il présente des arômes de violette, de cassis, framboise et groseille noire. Il mûrit lentement et peut atteindre 30 ans, tout en gardant une grande richesse et un magnifique velouté. Il présente alors un bouquet pénétrant d'aubépines, une chaude saveur de mûres qui parfume longuement la bouche, voire un léger fumet de gibier. Les crus remarquables sont : La Chapelle, Les Bressandes, Les Greffieux, Rocoules. Degré minimum : 10° et le rendement autorisé est de 42,5 hl/ha. Le blanc, à base de Roussanne (bonne) et surtout de Marsanne (productive), est sec, corsé mais fin.

A boire jeune, mais les très grandes années peuvent vieillir 30 ans. Il a une belle robe d'or, un riche parfum de fleurs et de foins coupés, et un léger goût de miel. Il vieillit bien, et évolue alors vers un bouquet de fruits, d'amande, ou de café. Hermitage a aussi son vin de paille qui est une production confidentielle mythique.

Gamme aromatique : Violette, mûre, pruneau, sous bois, cuir, poivre

 

2.10. AOC Crozes-Hermitage (1952)

 

L'appellation, née en 1952, qui cerne l'aire de l'Hermitage au nord, à l'est, et au sud, vaut pour une dizaine de communes de la rive gauche (11), qui produisent 48.000 hl sur 1.000 ha. Les terroirs sont variés, granitiques au nord, caillouteux au sud, marnes blanches aux environs de Larnage, sableux dans les "Chassis", Ici, la vigne partage le terrain avec les pêchers, et donne des vins aussi variés que les terroirs de l'appellation. De plus les terrains sont moins pentus que pour l’AOC Hermitage, d’où une mécanisation certaine et leur exposition est moins bonne. Le rendement réel est de 48 hl/ha et le degré minimum est de 10°. Issu de Syrah, le rouge (43.000 hl), aux arômes d'aubépine sauvage et de framboise, avec parfois un léger goût de terroir, est plus léger que celui de l'Hermitage, et présente moins de couleur et de finesse. Il se conserve moins longtemps et se décolore avec le temps. Ce sont des vins moins exceptionnels. Le blanc (5 000 hl), de Roussanne et Marsanne, est moins corsé, moins distingué, et moins parfumé que celui de l'Hermitage. Pâle et léger, présentant une odeur et une saveur de noisette, il est moelleux dans sa jeunesse, mais devient sec en vieillissant.

A boire dans ses deux premières années.

Crus les plus réputés :
 • les Meysonniers (propriété de Chapoutier),
 • le Domaine de Thalabert (propriété de Jaboulet),
 • le Domaine de Conflans,
 • les Gros des Vignes.

 

2.11. AOC Saint-Joseph (1956)

 

L'appellation, qui peut bénéficier à 26 communes de la rive droite (les deux meilleures sont Tournon et Mauves), a un potentiel de 3.300 ha mais n'en exploite que 750 environ. Elle s’étire sur 60 Km selon un axe Nord-sud et lie l’AOC Cornas et l’AOC Condrieu. Climat tempéré de type lyonnais. Le rendement réel est de 40 hl/ha et le degré minimum est de 10° Les vins de Mauves, près de Tournon, étaient déjà réputés au Moyen-Age. Aujourd'hui, les meilleurs sites sont les collines Saint-Joseph à Tournon, et Sainte-Epine à Saint-Jean de Muzols.
Trois terroirs :

- terrains primaires : 80% de l’AOC
- terrains secondaires (sédiments calcaires) : vignes très localisées
- terrains quaternaires (galets, graviers et loess) : quelques vignes pour le VB Le rouge (24.000 hl), issu de la Syrah, très corsé, fortement coloré, possède un bouquet fruité, à la fois léger et charnu, évoquant la framboise sauvage. Agréable (bien qu'un peu amer) dès sa prime jeunesse, son bouquet s'affine avec l'âge, et il n'atteint sa plénitude qu'après quelques années.

Saint-Joseph produit aussi 4.000 hl de blanc issu de Marsanne, complétée par de la Roussanne (10% en tout pour ces deux cépages), assez semblable au Crozes-Hermitage blanc.

Gamme aromatique : Cassis, mûre, épice douce, poivre

 

2.12. AOC Cornas (1938)

 

En celte, "cornas" signifie "terre brûlée". C’est la perle noire de la vallée du Rhône. Sur la rive droite du Rhône, presqu'en face de Valence, le terroir de Cornas, le plus précoce des rhodaniens du nord, marque les derniers contreforts des Cévennes. Il repose sur des sols acides constitués de sables grossiers appelés arènes granitiques. Ses 89 ha donnent 2.500 hl exclusivement rouges, qui rappellent l'Hermitage, sans toutefois en avoir toute la noblesse et le bouquet. Avec l’AOC Côte Rôtie, Cornas est la seule appellation à ne produire que du vin rouge. Elle s’en distingue par l’utilisation d’un seul cépage. Les sols sont des arènes granitiques localement calcaires. Cornas est toujours l’appellation la plus précoce (1 semaine avant Hermitage) car le vignoble a une situation en amphithéâtre largement ouvert au Sud ce qui confère une certaine puissance et chaleur au vin. Il y a deux type de Cornas. Le style ancien est une vinification sans éraflage avec un élevage en chêne de plusieurs vins. Le style moderne lui préfère le chêne neuf.

Le Cornas, tannique (Syrah 100%), est un peu amer et sévère dans sa jeunesse. Sa robe est noire (grenat très foncé) ; c’est un vin viril. Il convient de l'attendre au moins 3 à 5 ans, et il se conserve une quinzaine d'années. Ce bon vin peut accompagner des mets élaborés, en particulier le gibier à poil.

Gamme aromatique : Fruits rouges (mûre, framboise, cerise) ; fruits cuits (pruneau), sous-bois, notes animales (cuir), chocolat amer et truffe

 

3. Le Sud

 

Après une coupure de 50 Km, tout change, on s’en doute. Sol, climat, type de cépage, donc les types de vins. La différence est d’autant plus grande que les vins du Rhône septentrional proviennent d’un ou deux cépages alors que ceux de la région d’Avignon de 8 cépages ou plus. Le porte-drapeau est le Châteauneuf du Pape. La superficie moyenne des exploitations est de 15-20 ha. Cette région d'une centaine de milliers d'hectares, dont 56.000 en AOC, est placée sous le triple signe des cailloux, du soleil, et du mistral. Le sol n'a pu être travaillé qu'à partir du 13e siècle. Vingt cépages d'origines diverses (Languedoc, Italie, Espagne) y sont employés, mais chaque vigneron se contente -si l'on peut dire- de cultiver 5 ou 6 cépages. Il s'agit d'une précaution contre les dégâts climatiques, en particulier le mistral (et parfois même le sirocco!). Les rouges, généreux, s'adaptent à peu près à toutes les cuisines, avec une préférence pour les plats épicés et aux herbes. Les Crus méritant de vieillir seront réservés au gibier.

3.1. Particularités

 • Le Muscat des Beaumes de Venise : Vin Doux Naturel blanc à base de Muscat à petits grains, à prendre en apéritif ou au dessert.
 • Le Rasteau : de ce rouge issu du Grenache (noir, gris, ou blanc) à plus de 90%, on fait des vins doux naturels sucrés et alcoolisés, à attendre 3 à 8 ans pour le doré, plus de 10 ans pour le rouge. Outre la commune de Rasteau, certaines parcelles de Sablet et de Cairanne ont droit à l'appellation.
 • Le Tavel : La commune de Tavel fait uniquement du rosé, un des trois meilleurs français, et pour beaucoup le meilleur du monde.

 Voir détails ci-après.

3.2. AOC Côtes du Rhône (1937)

L'appellation Côtes du Rhône s'étend sur 44 000 ha appartenant à 163 communes réparties sur 6 départements, et produit 2,2 millions d'hectolitres. ¾ de la production sont destinés au marché intérieur. C’est le deuxième AOC de France (AOC Bordeaux : 2 400 000 hl). 7500 viticulteurs, 70 caves coopératives (65% de la production) et 1600 caves particulières (35%).

Les vignobles de l’AOC présentent deux visages différents :
 • Rive gardoise : ils couvrent les flancs des collines calcaires. Le terroir privilégie la finesse des vins.
 • Rive gauche du fleuve : la vigne se niche sur les grandes terrasses et donnent des vins généreux Les rouges (96%) ont une robe chatoyante, sont généreux, charpentés, et pleins d'arômes.

 On peut les boire jeunes ou les laisser vieillir quelques années. Les rosés (2%) sont fruités et généreux. Les rares blancs (2%) sont secs, structurés, parfumés, et se révèlent désaltérants. Les conditions de l’AOC sont reprises dans le tableau ci-dessous (décret du 12 février 1999).

Le Côtes du Rhône primeur, sorti des chais le 15 novembre, est de plus en plus demandé : Côtes du Rhône est devenu la deuxième appellation française pour la production de primeur (80 000 hl). Selon certains, ce serait une hérésie. Quoi qu'il en soit, ce vin est plus corsé et d'une couleur plus profonde que son inspirateur du Beaujolais. Et contrairement à ce dernier, il est capable de supporter un léger vieillissement.

Gamme aromatique : cassis, framboise, groseille, mûre, myrtille

3.3. AOC Côtes du Rhône-Villages

Les appellations Côtes du Rhône-Villages (57% de la production) et Côtes du Rhône-nom de village (43%) occupent 5 000 ha produisant 295 000 hl (98% de VR). L'appellation Côtes du Rhône-Villages concerne 77 communes de l'Ardèche, de la Drôme, du Gard, et du Vaucluse. Parmi celles-ci, 25 ont en outre le droit d'employer une des 16 appellations communales, accordées en 1957 sous des conditions plus sévères que pour l'appellation simple (aire de production, encépagement, degré, rendement, dégustation obligatoire et dates de commercialisation). Certains noms de communes peuvent être utilisées sur le territoire de plusieurs communes (exemple Laudun). Les sols sont des terrasses à cailloux roulés et pentus.

Ces 16 appellations communales sont :

Dans la Drôme

 • ROCHEGUDE VR légers et chaleureux
 • ROUSSET-LES-VIGNES VR avec parfum de petits fruits
 • SAINT-PANTALÉON-LES-VIGNES Les VR sont fermes, assez tanniques et aptes au vieillissement
 • VINSOBRES Des vins rouges fruités, riches d'arômes de garrigue et vieillissant bien. Les VB sont frais et floraux ; ils se boivent jeunes
 • SAINT-MAURICE-SUR-EYGUES Les VR sont élégants et tanniques et présentent une bonne aptitude à la garde. Les Vr sont frais et rafraîchissants
 
Dans le Gard

 • LAUDUN A Laudun (3 communes), les 20.000 hl sont fournis par 3 coopératives et 8 caves particulières. Rouges (souples et fins) et rosés (rare mais distingué) sont moins corsés que ceux de la rive gauche. Exemple, le Château Saint-Maurice est un domaine de 67 ha plantés aux 2/3 en Grenache, 20% en Syrah, et le reste en Cinsault. Ses vins sont élevés en chêne pendant 5 à 6 mois. Mais Laudun est surtout réputé pour ses blancs (gras et floraux), très appréciés dans leur jeunesse.

 • CHUSCLAN Chusclan désigne les rouges (belle couleur, équilibré avec parfums de lauriers et de fruits) et rosés de 5 communes. 98% de la production sort de la Cave des Vignerons. Elaboré exclusivement par saignée, le rosé est remarquable, charnu, puissant, très fruité, avec des arômes de prune et d'acacia. Il rappelle le Tavel et le Lirac, en plus viril.

 • SAINT-GERVAIS A Saint-Gervais, la coopérative vinifie la quasi-totalité de la production d'environ 150 vignerons. Ce sont des VR gras et tanniques aux arômes d’épices. Les blancs sont frais et floraux.

Dans le Vaucluse

Les vins du Vaucluse sont virils et puissants, au goût de poivre et de réglisse, et il faut souvent les attendre 2 ou 3 ans, selon la proportion de Syrah. Les rosés sont corsés et parfumés; les blancs, nerveux et souples.

 • CAIRANNE Ce sont des VR à dominante de fruits à noyau plus du cuir avec une structure puissante.
Les VB sont remarquables de rondeur.

 • VISAN (surtout les rouges) Les VR sont à parfum de fruit plus du cuir et quelquefois une note minérale.
Les Vr et les VB sont harmonieux et délicats.

 • VALRÉAS (enclave du Vaucluse dans la Drôme) Les VR sont équilibrés et peu tannique aux arômes de fruits et d’anis.
Les VB et les Vr sont harmonieux et délicats.

 • BEAUMES-DE-VENISE (4 communes) Les VR sont parmi les plus équilibrés avec des arômes de fruits rouges et d’amandes et plein de rondeur en bouche.
Les Vr allient gras, fruité et fraîcheur.

 • RASTEAU A Rasteau, l'encépagement comporte 60% de Grenache, complété par du Cinsault, Mourvèdre, et surtout Syrah. Le rouge "Village" ne vieillit guère plus de 5 ans. Il est solide et épicé. Les Vr sont capiteux. La coopérative vinifie la production d'une centaine d'exploitations, mais une vingtaine de vignerons indépendants assurent la réputation de l'appellation.

 • ROAIX Les VR sont souples et fruités. Les Vr sont frais et gouleyants
 
 • SABLET Les VR ont des arômes de fruits mûrs et secs. Les Vr sont fruités et puissants.

 • SÉGURET Les VR ont des nuances d’amandes tout en élégance. Les Vr sont frais et aromatiques.

A Suze-la-Rousse, le château du 12e siècle abrite l'Université du Vin : dégustation, bibliothèque, librairie (5.000 ouvrages), et jardin ampélographique présentant soixante-huit cépages.

3.4. AOC Vacqueyras (1990)

C’est la dernière née des AOC (AOC en 1990). Deux communes dans le département du Vaucluse: Vacqueyras (qui tire son nom de Vallea quadria « vallée de pierre ») et Sarrians, produisent 30 000 hl sur près de 900 ha. Climat méditerranéen. Sols calcaires et cailloux roulés. A 95%, il s'agit de rouges à base de Grenache (70%), Syrah, Mourvèdre, et Cinsault (au minimum de 25% pour ces trois derniers cépages), aptes à vieillir de 3 à 10 ans. Le rosé (4%) est issu du même encépagement. Le blanc (1%), autorisé par l'appellation, est fait en quantité anecdotique mais est très intéressant (Grenache Blanc, Bourbolenc, Marsanne, Roussanne avec un rendement maximum de 40 hl/ha). Les cépages sont vinifiés en MC en partie.

Gamme aromatique : cassis, cerise, pruneau, pâte de coing, épices

3.5. AOC Gigondas (1971)

Gigondas est une ancienne ville romaine : le vin y était produit déjà il y a 2000 ans. Le vignoble de ce village fortifié, accroché au flanc nord des dentelles de Montmirail, produit 40 000 hl sur 1 230 ha délimités en 1971. 70% en caves particulières (205 viticulteurs) et 30% en caves coopératives ( 125 viticulteurs)Le climat est méditerranéen strict : sécheresses hivernales et estivales plus violence du mistral. L’ensoleillement est très important (peu de brouillard). La pluviométrie est de 700 mm/an avec un maximum en octobre mais cela affecte peu car le sol est bien drainé. En effet ce dernier est sableux sur mollasses ou à cailloux roulés sur mollasses.

En rouge, l'encépagement est identique à Chateauneuf du Pape : il comprend le Grenache (65%) qui donne ici le meilleur de lui-même (chaleur et corps), et la Syrah (plus en théorie le Mourvèdre, la Counoise, et le Cinsaut) pour 25%; et enfin des cépages complémentaires pour 10%. La durée de cuvaison est de 10-21 jours.

En rosé (2% de la production), 60% de Grenache, au moins 15% de Cinsaut, et 25% maximum de cépages complémentaires. En rouge comme en rosé, le Carignan est exclu. Le rendement est limité à 35 hl/ha, et les vendanges doivent être triées. Le degré minimum est de 12,5°. Il n’y a pas de VB.

Riche en alcool, un peu rude dans sa jeunesse, le Gigondas rouge gagne à être attendu au moins 2 ans, et prend avec l'âge des qualités assez proches de celles du Châteauneuf, avec des arômes d'épices et de fruits à noyau, et une finale réglissée. Le rosé, par contre, doit être bu jeune, car il a tendance à madériser. Mais quelques rosés sont capiteux et présentent un bouquet de fleurs à bulbes.

Gamme aromatique : Vins jeunes : mure, cassis, fruits à noyau, kirsch Vins plus âgés : café, cacao, épices, réglisse, fruits cuits, cuir, fourrure, gibier.

3.6. AOC Tavel (1936)

Philippe le Bel disait : « il n’est de bon vin que le Tavel ».

Les 1 000 ha en production à Tavel sont dédiés au rosé : 40.000 hl de vin dont le haut de gamme compte parmi les 3 meilleurs rosés français, avec le Marsannay (Côte d'Or) et le Riceys (Aube). TAVEL revendique d'ailleurs pour son vin le titre de meilleur rosé français, ce qui en ferait aussi le meilleur rosé du monde; assurément, cela ne peut être le fait que des meilleurs producteurs, et il est nécessaire de sélectionner. C’est la seule AOC française dédiée intégralement au rosé avec le Rosé de Riceys.

Le rendement est de 47 hl/ha.
Degré minimum de 11°.

Le Tavel est fait par mélange de 9 cépages : rouges dont on retire les peaux (Grenache (60% max), Syrah, Mourvèdre, plus Calitor, Cinsaut pour 15% au plus, et Carignan pour 10% maximum); et blancs (Clairette, Bourboulenc, Picpoul). Aucun cépage ne peut prétendre à une part supérieure à 60%. Armand Maby, grand spécialiste de Tavel, disait : "Trop de Grenache fait un vin léger et inapte à durer. Aussi faut-il y ajouter de la Syrah pour la couleur, et du Mourvèdre pour le corps et la longueur en bouche". La vinification commence par une courte macération à froid des raisins, laquelle confère au vin sa couleur rose tendre pendant 12 à 48 heures. Ensuite écoulage et FA sur moût. Depuis 20 ans, le Tavel a évolué. Avant il avait une robe saumonée, aujourd’hui il est rouge cerise. C’est dû à une vinification mieux maîtrisée (contrôle de température et au Syrah qui gagne du terrain). Très élégant, sec mais gouleyant, le Tavel se distingue par son bouquet très floral ou de fraise des bois qui évolue vers des senteurs de fruits mûrs, parfois poivrées.

Il s'ouvre vers 2 ou 3 ans, et peut être conservé 5 ou 6 ans. Il peut accompagner la totalité d'un repas aux mets simples (viandes blanches, volailles) ou même exotiques (couscous, cuisine asiatique, etc.). Servir frais.

Gamme aromatique : Vins jeunes : fleurs, petits fruits rouges, fruits à noyau, amande fraîche Vins âgés : fruits mûrs, amande grillée, épices, notes de madère, réglisse

3.7. AOC Lirac (1947)

L'appellation délimite 2000 ha au nord de Tavel, sur les villages de Lirac, Saint-Laurent-des-Arbres, Saint-Geniès-de-Comolas, et Roquemaure; mais 650 ha seulement sont exploités, fournissant une production tricolore de 20.000 hl. 80% de VR, 15% de Vr et 5% de VB. Lirac bénéficie d'un sous-sol sableux mêlé d'éboulis calcaires, d'argiles rouges, et de gros galets roulés, comme à Tavel et à Châteauneuf. Il pâtit de la proximité de ses illustres voisins, et pourtant... Conditions de productions : - 4200 pieds/ha - écartement entre les rangs de 2,50 au maximum - taille courte en gobelet ou en cordon - 11,5° (VB, Vr) - 12° (VR) - rendement= 42 hl/ha Le rouge, très foncé, harmonieux et parfumé, est pour ainsi dire un Châteauneuf de la rive droite. Il soutient en tout cas la comparaison avec les meilleurs Côtes du Rhône-Villages, avec des nuances parfois mieux soutenues, tout en restant léger et tendre, avec ses tanins très fins.

A boire vers 4 ou 5 ans.

40% au moins de Grenache, 25% au moins de Syrah et de Mourvèdre. Le rosé, issu de saignée, est proche du Tavel, dont il partage d'ailleurs les cépages, dans des proportions légèrement différentes où le Grenache doit dominer. En outre, il admet l'Ugni blanc et le Maccabéo, ce qui ne l'améliore pas. Séveux et parfumé, il est plus dense en matière que son rival. Les blancs (2.000 hl), peuvent provenir de la clairette et de divers cépages complémentaires : Bourboulenc, Grenache blanc; plus Viognier, Marsanne, Roussanne, susceptibles d'ajouter finesse et arômes. Secs et vifs, ils accompagnent bien les produits de la pêche méditerranéenne. Blancs et rosés sont à boire jeunes, encore que les rosés - comme ceux de Tavel - soient plus aptes au vieillissement que les autres rosés français.

3.8. AOC Châteauneuf-du-Pape (1936)

Comme chacun sait, le nom de la ville vient d'un château, érigé par les Papes au 14e siècle, aujourd'hui en ruines. Le "Clos des Papes", que Jean XXII -deuxième pape en Avignon- fit planter, existe encore. Sa collerette mentionne "Terroir castel-papal".

L'appellation est l'une des rares, en France, où subsistent de grands domaines fondés par l'aristocratie avant la Révolution. Le vignoble, sis sur des parcelles de 5 communes (Châteauneuf, Courthézon, Orange, Bédarrides, et Sorgues), occupe l'ancien lit du Rhône préhistorique, couvert de gros galets qui restituent la nuit la chaleur emmagasinée le jour. Sous ces galets, de l'argile qui agit comme une éponge, assurant une réserve d'eau à laquelle la plante peut puiser régulièrement. Climat méditerranéen sec et venteux (précipitation de 650 mm/an). Le mistral accentue la sécheresse mais contribue à assurer un bon état sanitaire au raisin. Le massif de CDP culmine suivant un dôme elliptique à 128 m d’altitude. 350 exploitations dont 250 caves particulières (93%) et 1 cave coopérative (7%). Le CDP bénéficie d’un large succès à l’étranger (50% exporté). Le Châteauneuf du Pape rouge (100 000 hl sur 3230 ha) peut provenir de 13 cépages, sans aucune restriction dans les proportions.

D'après le regretté Philippe Dufays, docteur et oenologue, ce sont :

 • le Grenache noir (80%), donnant le moelleux et l'alcool,
 • Mourvèdre (5% complexité et vieillissement), Syrah (6%), Muscardin, et Vaccarèse, qui ajoutent corps, couleur et fermeté,
 • Picpoul blanc, Counoise, et Cinsault, qui apportent vinosité, bouquet et fraîcheur.
 • la Clairette (qui a tendance à l'oxydation mais gagne à être cueillie en surmaturité), et le Bourboulenc (hélas! en pleine dégénérescence), donnent finesse et chaleur,
 • Terret noir, Picardan (cépage blanc) et Roussanne (qui possède le potentiel aromatique le plus noble), sont autorisés, mais on les utilise de moins en moins.
 
Les Carignan, Maccabéo, et Ugni blanc, sont interdits, et on ne les regrettera pas.

Par contre, il est dommage que le Viognier ne soit pas autorisé. L'appellation exige un minimum de 12,5%vol, souvent dépassé (réellement 14-15° le plus élevé de France). Le résultat est un vin pourpre au bouquet puissant et épicé, ample et capiteux, à la matière dense, qu'il faut attendre au moins 3 ou 4 ans. Il y a donc 7 cépages pour le VR et 6 pour le VB. Le Grenache a envahi le vignoble, il rend bien et donne beaucoup d’alcool mais est sensible à l’oxydation (circonstance aggravée lorsqu’on le plante dans des terrains surchauffés par les galets) ; les vins ont tendance à madériser en vieillissant. C’est la quadrature du cercle car un grand CDP doit vieillir pour atteindre le sommet de la qualité.

Le rendement est de 35 hl/ha.

Deux tendances de vinification : la macération carbonique (souplesse immédiate) ou alors cuvaison longue. Dans ce dernier cas, le vin est majestueux, chaud, épicé de si peu d’acidité que son fruité nous laisse croire qu’il laisse des sucres résiduels. Tannique dans sa jeunesse, il se transforme en velours épiscopal à sa maturité.

Service : les bons Châteauneuf méritent d'être carafés. Bus chambrés, ils accompagnent une cuisine relevée, ou du gibier, voire même les fromages du Nord (Maroilles, Gris de Lille). La réputation mondiale de son rouge ne doit pas nous faire oublier que Châteauneuf exploite 200 ha pour en extraire 6600 hl d'un excellent blanc sec, sans acidité mais avec beaucoup de corps, qui allie un bouquet floral accentué à une richesse alcoolique inhabituelle.

Gamme aromatique : fruits mûrs, truffe, champignon, sous-bois, épices, garrigue

3.9. AOC Muscat des Beaumes-de-Venise (1945)

Beaumes vient du mot balmes : grottes et cavités. Lesquelles ? Celles des dentelles de Montmirail, dont le site grandiose domine le vignoble. Beaumes-de-Venise (la commune d'Aubignan a également droit à l'appellation), située dans le Vaucluse, au sud de Rasteau, tient son nom du comtat venaissin, jadis situé au nord de Carpentras. Le vin de ce petit territoire plaisait tant aux papes, alors en Avignon, qu'ils s'en réservèrent l'exclusivité. Aujourd'hui, chacun peut avoir sa part des 13 000 hl produits.

C'est le meilleur de tous les Muscat, issu exclusivement de Muscat à Petit Grain -aussi appelé Muscat de Frontignan- que certains prétendent avoir été rapporté par les Croisés. Le rendement est limité à 30 hl/ha. Ce "nectar des dieux", de couleur paille ou or, est moelleux, aromatique et fruité. Moins liquoreux que le Muscat de Frontignan, il peut exprimer des arômes de citron, de mangue et autres fruits exotiques, de pêche, d'acacia, se développant parfois en bouche sur un goût de miel, avec de la rose en rétro-olfaction.

Il peut être bu jeune, mais vieillit très bien en gardant ses qualités pendant 6 à 10 ans. Selon les années et les domaines, il peut être servi en apéritif, accompagner le foie gras, les huîtres chaudes, le fromage blanc; ou une coupe de fruits, les glaces et sorbets.

Sa température ne doit pas dépasser 8°C.

Remarque : AOC VDN Muscat de Beaumes de Venise et AOC VDN Rasteau Muscat Rasteau Couleur Blanc Rouge et doré Superficie 430 ha 60 à 200 ha Production 14000 hl 900 à 2600 hl Sols Marnes sableuses et argileuses Marnes, terrasses de riss encépagement Muscat à petits grains Grenache + 10% max d’un autre cépage Conditions de productions Récolte de raisins présentant une richesse de 14% et arrêt de la FA quand la moitié du sucre est transformé en alcool (adjonction d’un alcool neutre à 96%) Vinifications Pressurage direct ou macération pelliculaire Courte macération avec un pressurage direct (couleur dorée) ou alors mutage direct (rouge) Domaine Beaumalric, Durban, Fontavin La Soumade, Didier Charavin, Beau Mistral 3.10. AOC Coteaux du Tricastin (1973) 22 communes de la Drôme produisent 100 000 hl sur 2 000 ha entre Bollène et Montélimar. Des rouges (94%, 97800 hl) quelques rosés (4% 6200 hl) et des VB (2%, 2500hl).

Il convient de distinguer 4 terroirs :

1. Au centre, une chaîne de collines aux sols hétérogènes.
2. Au sud-est, Baume-de-Transit, et Colonzelle une plaine à forte pente, sèche et caillouteuse.
3. A l'ouest (Roussas, Les Granges Gontardes, Donzère, La Garde-Adhémar) : un ensemble de terrasses formées de cailloutis et d'alluvions anciennes en bordure de la plaine du Rhône.
4. Le nord (Châteauneuf-du-Rhône, Malataverne, Allan) est constitué d'alluvions anciennes sur le versant des collines.

Des rouges de Grenache (60%), Cinsault, Syrah (25%) et Carignan (25%), souvent fruités, équilibrés et sans puissance excessive, mais qui peuvent à l'occasion se révéler charpentés et séveux, au goût de truffe (les vignes ont été plantées sur les cultures de chênes truffiers arrivés en fin de production). Ils accompagnent bien toutes les cuisines. Des blancs secs rares (900 hl) mais suaves et bouquetés.

3.11. AOC Côtes du Luberon (1988)

Devenu AOC en 1988, le vignoble est réparti entre 36 communes, sur près de 3 000 ha produisant 150 000 hl. Les sols calcaires sont soumis à de rudes conditions climatiques de type continental. On prononce Lubeuron. 16 caves coopératives (85% de la production) regroupées en une union de producteur. 17 caves particulières. On y fait les 3 couleurs.

Ce sont surtout des rouges (80 000 hl=50%) issus de Grenache, Syrah, plus Mourvèdre, Cinsault, Counoise, et Carignan. Vifs et peu alcoolisés, ils rappellent souvent les vins des Côtes du Rhône. A boire jeunes, sauf quelques-uns vinifiés aux fins d'une conservation de 3 ou 4 ans. Mais aussi des blancs de qualité, dont les cépages principaux sont la Clairette et le Bourboulenc (Vermentino et Roussanne). Le climat plus frais que dans la vallée du Rhône, et les vendanges plus tardives, expliquent la part relativement importante (35 000 hl=22%) ainsi que la qualité des blancs, secs et élégants. Les rosés représentent 28% de la production (45000hl). Quelques vins sont lourds et un peu oxydés. Mais pour la plupart, ils sont agréablement fruités. Certains s'expriment en termes de fruits rouges. Les meilleurs sont ceux qui, chantant le thym et le romarin, nous transportent dans la garrigue...

A boire jeunes, ils peuvent évoluer favorablement pendant quelques années.

3.12. AOC Côtes du Ventoux (1973)

Le Côtes du Ventoux est devenu AOC en 1973.
250 000 hl sont produits sur 6000 ha, par 51 communes du Vaucluse, dont Bédoin est le centre entre Vaison La Romaine au Nord et Apt au Sud.
Il subit moins l’influence du mistral car l’AOC est abritée par les Dentelles de Montmirail.
VR (80%), Vr (15%) et VB (5%).
18 caves coopératives et 57 caves particulières.
23% des vins exportés.

Le vignoble, situé à une altitude comprise entre 100 et 400 mètres, soumis à un climat plus frais que celui de la vallée du Rhône, donne des rouges en général légers.
Toutefois, un quart de la production est plus tannique, colorée, et mieux charpentée.
Pas moins de 14 cépages peuvent être utilisés pour les rouges (Grenache, Cinsault, Syrah, Mourvèdre) et les rosés, qui sont à boire jeunes.
Les blancs (4.000 hl) sont secs et frais (Clairette, Grenache blanc, Bourboulenc et Roussanne).
Supérieur au Côtes du Vivarais, moins puissant que le reste des Côtes du Rhône, le Côtes du Ventoux est un vin d'intérêt local.
11% en vol.

3.13. AOC Coteaux de Pierrevert (1998)

Un des vignobles les plus élevés de France, dans les Alpes de Haute Provence chères à Giono.
L'appellation est délimitée sur 40 communes, mais seuls sont exploités les coteaux les mieux exposés entre Manosque, Pierrevert, et Sainte-Tulle.
378 ha fournissent 14000 hl.
Les rosés (30%) sont vifs, à boire jeunes.
Les quelques blancs (15%) de Clairette, Marsanne, Roussanne, Picpoul, Vermentino, Ugni évoquent davantage la Savoie que la Provence.
Les rouges (55%) un peu rustiques, de bon rapport qualité/prix (Grenache noir, Syrah, Cinsault, Carignan).

4. Le centre

Le Diois Un peu à l'écart (40 kilomètres à l'est) de la vallée du Rhône, le vignoble du Diois s'accroche aux coteaux pierreux de la vallée de la Drôme, sur une trentaine de communes autour de Die, au climat frais et humide favorable aux blancs. C’est donc la fraction la plus septentrionale des chaînes subalpines méridionales. Au Nord on a le Vercors et à l’ouest le massif Rhodanien.

4.1. AOC Clairette de Die (1942), AOC Coteaux de Die et AOC Crémant de Die (1993)

Le Diois produit un peu de vin tranquille issu de Clairette seule : l’AOC Coteaux de Die sur 4 ha (380 hl) mais surtout la Clairette de Die, vin effervescent élaboré en méthode traditionnelle ou par seconde fermentation en bouteille. L’AOC Clairette de Die (1232 ha, 71644 hl) fait prévaloir le Muscat à Petits Grains(75%) plus de la Clairette, et produit un vin à boire en apéritif en méthode traditionnelle. La fermentation spontanée en bouteille conserve bien l'arôme du raisin. Le Cellier Hannibal, coopérative réunissant plus de 80% des producteurs de la Clairette de Die, fait deux produits corrects : * la cuvée Prestige, du Roussanne à 100%, * et la cuvée Cybèle, du Muscat à 100%. Le cellier Hannibal fait aussi d'agréables petits vins en rouge (Gamay) et en blanc (Aligoté et Chardonnay). L’AOC Crémant de Die (69 ha, 4870 hl) est élaboré à partir de Clairette. Elle est caractérisée par une mousse fine et légère et des arômes de fruits verts.

4.2. AOC Chatillon-en-Diois (1975)

Elle est AOC depuis 1975. L'appellation est accordée à 13 communes de la haute vallée de la Drôme, plus alpestre que rhodanienne (adossé au massif du Glandastre qui culmine à plus de 2000 m, l’exposition est Sud). L'encépagement, inhabituel pour la région, donne des vins tranquilles très fruités, tendres et rafraîchissants, à boire jeunes.

Des rouges et des rosés qui doivent être faits d'au moins 75% de Gamay, plus Pinot Noir et Syrah.
Titre : 10 à 12,5%vol.
Superficie de 9 ha pour les VR.
Production totale (VR et VB) de 3230 hl.

Le peu de blanc est issu de Chardonnay et d'Aligoté.
Titre : 10,5 à 12,5%vol.

4.3. AOC Côtes du Vivarais (1999)

A la limite NO de la vallée du Rhône méridionale, les Côtes du Vivarais chevauchent le département de l’Ardèche et du Gard. Le cœur de l’appellation est le plateau calcaire des Gras. Les Côtes du Vivarais, devenus AOC le 27 mai 1999, produisent 36.000 hl de petits vins sur 740 ha. Les VR (78%) sont à base de Grenache (raisins foulés) et de Syrah (grains entiers, 40% au moins). Cinsault, Carignan sont peu représentés. Les VB (5%) sont à base de Grenache, Clairette, Marsanne. Les Vr représentent (17%)

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