Le Languedoc

Vignoble du Languedoc

1. Introduction

Le vignoble des Coteaux du Languedoc, vaste amphithéâtre surplombant la Méditerranée et qui s'étend de Narbonne jusqu'aux portes de Nîmes, doit son existence aux colons Grecs et Etrusques qui y plantent les premières vignes six siècles avant JC.  Ils découvrent en Languedoc, un terroir et des conditions climatiques de prédilection pour la culture de la vigne. Les Romains poursuivirent cette oeuvre de plantation en Languedoc, région que l'on connait alors sous le nom de la « Narbonnaise ».  Pour écouler ces vins, vantés par de grands auteurs comme Pline, Cicéron et Columelle, ils développent un circuit commercial remarquable dont l'organisation reste encore aujourd'hui un exemple d'efficacité.  Le vin du Languedoc s'exporte vers la Grèce, les Côtes Turques, l'Egypte et bientôt,la Narbonnaise devient l'un des principaux fournisseurs en vin de Rome.  De nombreuses amphores fabriquées dans les ateliers de Béziers à l'époque romaine, retrouvées en Italie, attestent de cette époque glorieuse.  Sans doute dans un souci de protectionnisme, l'Edit de l'Empereur Domitius , en l'an 92, met un frein à la prospérité viticole languedocienne en interdisant toute plantation de vignes dans l'empire et surtout en imposant l'arrachage de la moitié des vignes dans les provinces. La Narbonnaise voit ainsi disparaître une partie de son vignoble.  Disputée par les Wisigoths, les Francs et les Arabes, elle perd peu à peu de son unité.  Par bonheur, l'Eglise s'intéresse à la vigne, source de richesse et de pouvoir, et parvient à la sauvegarder.

Dès le 8eme siècle, un réseau d'abbayes et de monastères avec leur vignoble se bâtissent sous l'impulsion de St Benoit d'Aniane, fils du comte de Maguelonne: St Guilhem le désert avec St Saturnin et Cabrières, St Chinian, Valmagne...Véritables pôles de développement ces magnifiques bâtisses sont des centres culturels où la science de la vigne fait partie intégrante du patrimoine enseigné (et où le vin représente une monnaie d'échange essentielle).

L'Islam, du 8eme jusqu'au 15 siècle, met en péril la viticulture méditerranéenne, alors qu'à la même époque, l'engouement des britanniques et des hollandais pour le vin fait basculer le commerce du vin sur l'aquitaine.  Jacques Coeur, à partir de 1432, relance l'ouverture commerciale et la prospérité de la région sur le monde Méditerranée.  Les vins, les muscats, les eaux de vin, les draps les étoffes prendront la direction d'Alexandrie pour être échangés contre des épices, aromates et or. En 1680, le canal du midi, oeuvre de Paul Riquet est inauguré et devient un maillon essentiel entre les vignobles méditerranéens et l'Atlantique.  En 1729, les Etats du Languedoc font soumettre à la signature royale un arrêt du 27 Septembre organisant la production et le commerce de vin et eaux de vies du Languedoc, fixant les modes de fabrication et les contenances des futailles, le contrôle de la production, la marque à feu à apposer sur le fond de la barrique. C'est l'un des premiers exemples d'organisation régionale de la production vinicole en France.  Arnaud de Villeneuve , professeur de médecine à l'école de Montpellier avait mis au point l'alambic à partir des écrits arabes.  Les Hollandais, deviennent les acheteurs principaux de ces vins et eaux de vies.  Jefferson importe aux Etats-Unis des vins de St-Georges-d'Orques.  La forte notoriété et l'image du vignoble Languedocien se perpétuent jusqu'au milieu du 19eme avec la révolution industrielle et le chemin de fer.  Les plantations se multiplient en plaine pour une production quasi industrielle d'un vin bon marché et énergétique fournissant les villes industrielles du nord de la France.

A la fin du 19eme siècle, le phylloxéra n'épargne pas le Languedoc.  La lente reconstruction du vignoble est bientôt suivie sur l’initiative de Paul Coste Floret d'une nouvelle politique de qualité.  Les vins des coteaux vont réaffirmer leur différence: en 1945 Philippe Lamour, est à l'origine d'une définition réglementaire des vins de qualité au travers des VDQS.  Il est soutenu par Jules Milhau, professeur de droit et d'économie, mais également vigneron.  Aujourd'hui, ce vignoble occupe 320.000 hectares des Pyrénées Orientales, de l'Aude, de l'Hérault, et du Gard, soit le tiers de la surface totale du vignoble français.  Mais, sur les 25 millions d'hectolitres produits, 3,2 seulement sont classés en AOC, dont 0,7 sont des VDN.

La région souffre de l'image de production de masse qui lui est associée.  Mais s'il est vrai qu'elle fut autrefois grande productrice de vins ordinaires ou destinés à la distillation, elle a fait -ces 20 dernières années- de très gros efforts de qualité, et les amateurs feraient bien de la considérer sans préjugé. L'extrême diversité des sols, alliée à l'emploi de nombreux cépages, permet l'élaboration d'une vaste gamme de vins.  La seule unité, toute relative, est due au climat méditerranéen; dans l'ensemble, il s'agit de la région viticole la plus chaude de France, après la Corse; les pluies, rares mais torrentielles, sont dévastatrices.  De nombreux cépages peuvent donner ici le meilleur d'eux-mêmes, et leur assemblage judicieux fournit des vins riches et équilibrés : On retrouve dans chaque région viticole les cépages qui lui sont le mieux adaptés mais des facteurs économiques et de consommation jouent aussi un rôle dans le choix des cépages.

Les vins AOC peuvent être constitués d'un seul ou de plusieurs cépages (La Clairette du Languedoc, par exemple, n'est constituée que de Clairette, La Blanquette Méthode Ancestrale à 100% de Mauzac).  Les 20 dernières années ont connu une profonde restructuration du vignoble avec un développement de cépages méditerranéens comme le Grenache, le Mourvèdre ou la Syrah, vedette des nouvelles plantations.  Parallèlement, la recherche appliquée a permis une meilleure adaptation des cépages traditionnels et une optimisation de leur culture. La vinification séparée des cépages en fonction de leur maturité et de leur comportement en cuve est la règle générale.  Après cette étape, les vignerons portent beaucoup d'attention aux assemblages.

1.1. Le Languedoc

De Montpellier à Narbonne, la plaine littorale fournit les vins de table.  En particulier, Listel, la marque des domaines viticoles des Salins du Midi, correspond aux "Vins de sable" : le plus populaire est le gris de gris, mais il existe des blancs de blancs, des blancs moelleux, des rouges, des rosés, et même des mousseux.  Les bonnes vignes sont situées sur les coteaux du Languedoc, à une distance de 20 à 30 kilomètres de la mer.  Les meilleurs terrains sont schisteux : Faugères, La Clape, une partie de Saint-Chinian.

On trouve trois types d’appellations : les AOC Coteaux du Languedoc, les AOC Coteaux du Languedoc avec mention du terroir, Les AOC villages Superficie agricole utilisée 1 100 000 ha dont 300 000 ha. de vignes avec 39 000 ha. en A.O.C. du Languedoc (Rendement moyen A.O.C.  45 hl/ha)

1.1.1. Faugères

Devenu AOC en 1982, il produit 50.000 hl, exclusivement en rouge et rosé, aptes à une bonne garde : une huitaine d'années selon le Cru et la vinification.  L'appellation est accordée à 6 communes bénéficiant de terrains schisteux peu productifs, sur le piémont des Cévennes, près de Saint-Chinian : Autignac, Cabrerolles, Caussiniojouls, Faugères, Fos, Laurens, et Roquessels.

Cépages : Mourvèdre, syrah, grenache noir et lladoner pelut doivent contribuer pour au moins 35% de l'encépagement; plus carignan (50% maximum), et cinsaut.  Ces vins à la robe de pourpre sombre, capiteux mais fins, ont dans leur jeunesse un goût de fruits rouges saupoudrés de vanille, puis évoluent vers des saveurs de confiture mêlée d'épices.

A noter : les rosés doivent être obtenus par saignée pour au moins 50%.  Les rosés amples, souples aux notes de fruits rouges, se dégustent frais.

1.1.2. Saint-Chinian

Devenu AOC en 1982, c'est l'un des meilleurs produits du Languedoc. Cette appellation, la plus productive de l'Hérault, est réservée aux rouges et rosés. 20 communes en produisent 85.000 hl. L'appellation comprend deux types de terroirs séparés par une limite géologique rectiligne, orientée sud-ouest nord-est, qui passe par Saint-Chinian.

Au nord-ouest, une série de plateaux schisteux fournissent des vins fruités, ronds, délicats, et cependant généreux. Au sud-est, les sols argilo-calcaires du Bas-Languedoc produisent des vins plus corsés, plus puissants, au bouquet de fruits mûrs sur un fond vanillé.

Le climat doux met Saint-Chinian à part du reste de la région : le mimosa et l'oranger se plaisent manifestement ici. Les cépages sont les mêmes que ceux de Faugères, mais l'appellation n'accorde que 40% à la syrah, qui est pourtant à la base des meilleurs vins.

Les vins, d'une belle couleur rubis, atteignent leur apogée entre 2 et 5 ans.

1.1.3. Fitou

Autrefois fleuron des Corbières, cette AOC qui exploite 2.400 ha voués au rouge est la plus ancienne de la région (1948). 100.000 hl sont produits par 9 communes ayant aussi le droit de produire du Rivesaltes et Muscat de Rivesaltes.

L'appellation est accordée à deux aires séparées :

1. une zone côtière qui domine l'étang de Leucate s'étend de Lapalme à Fitou et comprend quatre autres villages
2. l'autre, sise 30 kilomètres plus à l'ouest, sur des sols variés au pied du Mont Tauch dans les Hautes Corbières, comprend Tuchan, Paziols, Cascatel, et Villeneuve-les-Corbières.

Cépages : carignan (75% maximum), grenache, mourvèdre, syrah, et lladoner pelut; plus, pour 10% maximum, cinsaut, terret noir, et maccabéo. Bien vinifié et élevé en fûts pendant au moins 18 mois, le Fitou a montré qu'il pouvait être un beau vin de gibier, à la robe d'un beau rouge rubis sombre, généreux, puissant et charnu, gras et structuré, au goût parfois très concentré.

Il s'affine avec l'âge et atteint son apogée vers 5 ou 6 ans, mais peut être conservé jusqu'à 10 ans.

1.1.4. Coteaux du Languedoc

De Narbonne à Nîmes, l'appellation contrôlée des Coteaux du Languedoc englobe, en plus des 3 crus AOC Saint-Chinian, Faugères et Clairette du Languedoc, 12 terroirs très variés avec des caractères remarquables. Ce sont les Cabrières, les Coteaux de la Méjanelle, les Coteaux de Saint-Christol, les Coteaux de Vérargues, La Clape, Montpeyroux, Picpoul-de-Pinet, Pic-Saint-Loup, Quatourze, Saint-Drézéry, Saint-Georges-d'Orques et Saint-Saturnin.

Un décret de 1985 a accordé cette appellation régionale à :

1. 34 communes ayant droit à l'appellation simple, pour des rouges et rosés.
2. 10 terroirs autorisés à ajouter leur nom, eux aussi pour les seuls rouges et rosés.
3. Un terroir dont l'appellation s'étend aux blancs Coteaux du Languedoc - La Clape.
4. Un terroir dont la dénomination ne s'applique qu'à un seul type de blanc : Coteaux du Languedoc - Picpoul de Pinet En outre, ce décret permet aux aires des AOC Clairette du Languedoc, Faugères, et Saint-Chinian, de produire des rouges et rosés en appellation Coteaux du Languedoc.

Les vins rouges sont structurés, généreux, bien charpentés, au nez fin, subtil et aromatique et à la robe haute en couleurs et brillance.
Les rosés sont gouleyants, souples et fruités.
Les blancs sont brillants et fruités à souhait pour accompagner poissons et coquillages.AOC L'appellation, qui s'étend de Saint-Jean de Minervois (près de Saint-Chinian), à Langlade (près de Nîmes), produit 320.000 hl de rouge et 30.000 hl de blanc.

De nombreux cépages peuvent être utilisés, à la fois pour coller à des terroirs et des conditons climatiques très divers, et parce que l'assemblage est nécessaire pour obtenir des vins équilibrés.

En rouge et rosé :
 • Cinsaut pour 40% au plus,
 • Carignan avec également un maximum de 40%; en outre, le carignan doit être accompagné de Grenache noir ou Lladener pelut;
 • Mourvèdre, syrah, grenache, Lladener pelut;
 • et au maximum 10% de counoise, grenache rosé, terret noir, et picpoul noir.

En blanc :
 • Au moins 50% par assemblage d'au moins deux des cépages suivants : clairette, bourboulenc, grenache blanc, picpoul blanc;
 • les cépages suivants sont admis à titre complémentaire : ugni blanc, terret blanc, carignan, marsanne, roussanne, rolle, et maccabéo (30% maximum).

Les 10 terroirs évoqués ci-dessus, et qui couvrent 44 communes, sont :

Aux environs de Lunel :
 • Vérargues (qui s'étend aux communes de Beaulieu, Boisseron, Lunel, Lunel-Viel, Resticlières, Saint-Geniès des Mourgues, Saint-Sériès, et Saturargues) où les raisins récoltés à parfaite maturité fournissent des vins tendres et fruités.
 • Saint-Drézéry, dont les rosés sont obtenus par cuvaison courte n'excédant pas 24 heures.
 • et Saint-Christol.
 
Aux portes de Montpellier :
 • la Méjanelle : les graviers des collines de la Méjanelle, de Castelnau-le-Lez, et de Saint-Aunès, donnent des vins vigoureux et corsés.
 • Saint-Georges d'Orques, qui inclue aussi quelques parcelles de Murviel-lès-Montpellier, Juvignac, Laverune, et Pignan. Des vins étoffés, qui s'améliorent beaucoup avec l'âge.
 
Au nord de Montpellier :
 • Pic Saint-Loup : rouges de syrah, mourvèdre, grenache, délicats, tendres et fruités, mêlant les épices aux fruits noirs. Outre les rouges et rosés, ce terroir de 5.000 ha produit aussi, en appellation Coteaux du Languedoc simple, des blancs de clairette, grenache, et maccabéo. Au nord de Clermont l'Hérault, les pentes schisteuses au pied du Larzac donnent traditionnellement des rouges tanniques, aux arômes de thym et de lavande :
 • Montpeyroux (qui s'étend aussi sur une partie de la commune d'Arboras);
 • et Saint-Saturnin, qui s'étend sur des parcelles de Saint-Saturnin, Jonquières, Saint-Guiraud, et Arboras.
 
Saint-Saturnin s'est écarté de la tradition et est maintenant renommé pour son "vin d'une nuit". Cabrières (par ailleurs berceau de la Clairette du Languedoc), à 10 kilomètres au sud-ouest de Saint-Saturnin, s'abrite au sein d'un cirque de roche schisteuse. On y fait du rosé de carignan et cinsaut, assez corsé, vinifié sans macération préalable, avec uniquement le vin de goutte; et du rouge de carignan, cinsaut, grenache et lladoner pelut, voire de mourvèdre et syrah.

Quatourze occupe un plateau caillouteux situé sur la commune de Narbonne. Ses vins bien étoffés, chauds et puissants, mais non dénués de finesse, sont les plus colorés, charpentés, et robustes, de la région narbonnaise. Autrefois, ils étaient recherchés pour constituer des assemblages.

Certains domaines produisent de très beaux vins, corsés, typés, et dont les arômes épicés s'intensifient avec l'âge.

Coteaux du Languedoc - La Clape : Entre Narbonne et la mer, sur les communes de Narbonne, Armissan, Fleury d'Aude, Salles d'Aude, et Vinassan, ce vignoble partage avec la garrigue les éboulis calcaires du massif de La Clape : le coin le plus sec de France. Par exception, l'appellation s'étend aux trois couleurs. En rouge et rosé, les cépages sont ceux des Coteaux du Languedoc. Le vin, fruité mais généreux et tannique, a besoin de quelques années pour parvenir à maturité. Les blancs doivent contenir au moins 60% de Bourboulenc, à côté duquel sont admis la clairette, le grenache blanc, le maccabéo, et le terret blanc.

Le blanc de bord de mer s'allie bien au poisson grillé, mais est agréable aussi en apéritif.

Coteaux du Languedoc - Picpoul de Pinet : L'aire de cette appellation concerne Pinet et 4 ou 5 autres communes voisines de l'étang de Thau. Le vin est issu exclusivement du picpoul blanc cultivé sur des sols de galets reposant sur une base calcaire à fossiles marins. Vêtu d'une robe d'un jaune-vert limpide, il est sec, aromatique, dépourvu d'acidité. C'est un bon accompagnement des coquillages. Le Picpoul-de-Pinet est exclusivement un vin blanc issu du cépage Piquepoul blanc et fait merveille et brillance en accompagnant les plats de poissons et les plateaux de coquillages.

Ce vin blanc à boire frais est également excellent à l'heure de l'apéritif.

Robe : jaune vert très brillante.
Nez : très fin et floral.
Bouche : longue avec des notes de citrons et de pamplemousses mêlées à des nuances d'amandes et de foin coupé.

1.1.5. Minervois

Au nord des Corbières, le Minervois est un immense cirque entouré de montagnes, qui étage ses terrasses calcaires du pied de la Montagne Noire aux rives de l'Aude. Le vignoble, protégé des vents du nord par la Montagne noire, occupe des collines et des vallons jouissant d'un climat chaud et sec. Il porte le nom de la vieille place forte perchée sur un promontoire dominant les gorges de la Cesse. Entre la Montagne Noire et le fleuve Aude doublé du Canal du Midi ces vignobles produisent des vins très variés. Les rouges, fortement majoritaires à plus de 90% peuvent être légers, souples et fruités, mais vous trouverez aussi des vins charpentés qui prennent agréablement de l'âge en conservant leurs notes de fruits rouges.

AOC depuis 1985, les rouges et les rosés frais et gouleyants sont élaborés principalement à partir des cépages Grenache, Syrah, Mourvèdre, Lladoner pelut, Carignan, Cinsault, Picpoul noir, Terret et Aspiran.Les blancs ont beaucoup de finesse et d'élégance. Ils sont élaborés principalement à partir des cépages Grenache, Bourboulenc (dit Malvoisie), Maccabeo, Marsanne, Roussanne et Vermentino (dit Rolle). 18.000 ha sont délimités en fonction de leurs qualités vis-à-vis des cépages autorisés, sur 61 communes (45 dans l'Aude et 16 dans l'Hérault); 4.000 ha seulement sont exploités à l'heure actuelle.

Ils fournissent surtout du rouge (230.000 hl) à la robe grenat, plus tendre et velouté que celui des Corbières voisines, au bouquet de fruits mûrs, et à la saveur particulière que certains attribuent à la forte teneur du sol en manganèse. Ce sont, avec les Corbières, les meilleurs vins de la région, à boire entre 2 et 5 ans, mais qui peuvent vieillir quelques années supplémentaires.

Les spécialistes distinguent 4 zones majeures :

1. à l'est, les régions des Mourels et des Serres, avec des sols caillouteux convenant au mourvèdre, mais aussi au grenache et au carignan, sont nettement influencées par la Méditerranée;

2. à l'ouest, aux portes de Carcassonne, la région de la Clamoux, plus froide et humide car le climat méditerranéen est ici tempéré par une influence océanique; le carignan y est soumis à des conditions limites

3. entre les deux, une succession de vignobles, des balcons de l'Aude au Petit Causse, en passant par les terrasses de l'Argent Double; ces vignobles que les influences maritimes n'atteignent pas subissent des étés très chauds et secs

4. plus en altitude, entre Cabrespine et Minerve, c'est le domaine du calcaire ou du schiste (à Caunes surtout) selon que l'on est sur le Causse ou dans les Côtes Noires.

Le marbre rose de Caunes a servi à édifier les colonnes du Trianon et l'escalier de l'Opéra. Les cépages utilisés sont le carignan (60% au plus), le grenache noir (30% au moins), le lladoner pelut, la syrah, et le mourvèdre. Ces deux derniers sont en augmentation.

Le Minervois donne également un peu (6.000 hl) de blanc où le bourboulenc et le maccabéo doivent dominer, et des rosés secs et fruités.

L'appellation Vin noble du Minervois s'applique à des vins de dessert liquoreux de muscat, malvoisie, grenache, et maccabéo, titrant au minimum 13%vol.

1.1.6 AOC Minervois La Livinière

Fer de lance de la qualité dans la viticulture de la région, l'AOC Minervois - La Livinière est officiellement reconnue par l'INAO depuis septembre 1998. Il aura fallu plus de 10 années de travail pour faire naître la première appellation de surclassification du Languedoc Roussillon. Ce long travail initié par Maurice Piccini a commencé en 1987. Michel Escande président actuel du Syndicat du cru ne cache pas sa satisfaction et sa détermination à préserver la qualité de cette appellation par différents moyens : contrôle de la qualité des vins en cuves, contrôle des vins après la mise en bouteille, numérotation de chaque bouteille et plus encore : garantie du syndicat stipulée sur la contre étiquette.

Voilà une appellation qui, avec ses 25 adhérents (21 domaines et 4 caves coopératives), se donne les moyens de nous faire plaisir et de nous amener dans les hautes sphères des meilleurs vins de France. Pour l'instant elle concerne 700 ha de vignes et seulement 3000 hl agréés pour le millésime en cours.

Les cépages utilisés sont ceux du Minervois avec une plus forte présence des Syrah et Mourvèdre.

Historique

Le nom du village lui-même, porte l'identité profonde de cette jeune appellation. Les Romains nommèrent Cela Vinaria cette terre propice à la culture de la vigne. Reconnue en appellation Minervois en 1985, les vignerons ont très compris qu'ils étaient sur un terroir d'exception. Ils se sont mis à l'ouvrage, réunis autour de ce clocher symbole de La Livinière, pour exprimer à travers leurs vins, le caractère unique de ce terroir de Minervois. Zone d'appellation Au coeur de Minervois, dans la région naturelle dite du Petit Causse, au bas du Piémont de la Montagne Noire, elle regroupe six communes: Azillanet, Azille, Cesseras, Felines Minervois, La Livinière et Siran. Géologie L'aire Minervois La Livinière peut être considérée par ses sols et ses paysages comme une réplique miniature du Minervois où tous les facteurs extrêmes seraient atténués. Zone de "causses", les sols présentent une dominante de calcaires compacts et de marnes calcaires. Climat De par sa position entre la Serre d'Oupia et les collines de Laure-Minervois, c'est un secteur très sec où les précipitations sont comprises entre 400 et 500 mm avec un déficit hydrique estival important. La chaleur diurne particulièrement importante dans cette zone est atténuée par une fraîcheur nocturne induite par l'air frais s'écoulant des crêtes.

Cépages

Syrah, Mourvèdre et Grenache doivent représenter au minimum 60% de l'encépagement, avec un complément possible par le Carignan, Cinsault, Terret, Piquepoul et Aspiran.

Vinification

Issus de longues macérations traditionnelles ou à grains entiers, ces vins, pour avoir droit à l'appellation, doivent être élevés, en cuve ou en fût, à la propriété jusqu'au 1er novembre de l'année qui suit celle de la récolte, soit un élevage de plus de 15 mois.
 
Stratégie de développement

Renforcés par l'action des programmes Minervois-Ambition, les vignerons se sont imposés une rigueur exemplaire. Les vins sont dégustés à deux reprises pendant l'année d'élevage afin d'évaluer leur potentiel. Après l'agrément et avant la mise en bouteille, une dernière dégustation permet de vérifier la conformité à la Charte de qualité. Son respect autorise le vigneron à utiliser un habillage spécifique composé d'une capsule portant le logo de La Livinière et d'une contre-étiquette avec un numéro de garantie qualité. Dégustation Complexité aromatique et concentration caractérisent ces vins. Ils développent des arômes de cassis, senteurs de garrigue et olives noires (tapenade), évoluant sur des notes de cuir. Volumineux en bouche et suaves, ces vins charnus présentent des tanins élégants que 5 à 8 années devront arrondir.

Ce sont des vins de garde par excellence.

1.1.6. Deux vignobles "mixtes"

Proches du Minervois, deux vignobles à la croisée des influences océaniques et méditerranéennes ont le droit de conjuguer cépages méridionaux et cépages du sud-ouest, d'où des vins originaux :

 • Côtes du Cabardès, promu AOC en février 1999 : au nord immédiat de Carcassonne, les Côtes du Cabardès et de l'Orbiel se situent -au propre comme au figuré- dans le prolongement occidental du Minervois.
 
L'encépagement est partagé entre d'une part merlot et cabernets (franc et sauvignon), d'autre part syrah et grenache, à raison de 40% dans chaque clan. Côt, cinsaut, et fer servadou, ont droit aux 20% résiduels. Une telle diversité ne facilite pas la mise au point d'une spécificité locale, mais faut-il s'en plaindre ? On souhaite à la toute jeune appellation de trouver l'assemblage idéal, celui qui saura combiner l'exubérance des cépages méditerranéens avec la finesse et l'élégance des cépages atlantiques. Quatre coopératives et 16 caves particulières font travailler 400 hectares dispersés sur 18 communes. Dualité entre les influences de l'Est et de l'Ouest, le Cabardès se situe sur les pentes douces de la Montagne Noire, à 10 kilomètres de Carcassonne au nord du Canal du Midi. AOC depuis fin 1998, il était VDQS depuis 1973.

C'est la seule appellation à marier 40% minimum de cépages atlantiques - Merlot, Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Cot et Fer Servadou - à 40% minimum de cépages méditerranéens - Syrah et Grenache. C'est le mariage des fruits rouges, de la finesse et de la vivacité des cépages atlantiques avec la richesse, le gras et la souplesse profonde des cépages méditerranéens.

La production principale est en rouge.
Les rosés sont fins, secs, tantôt riches, tantôt vifs, frais et fruités.

Composition des sols : Les terroirs exposés vers le sud sont composés de sols peu fertiles, adaptés à une production qualitative à faible rendement, formés de granites et terrasses anciennes, des calcaires des premiers coteaux - calcaires d'Aragon (terre rouge) & calcaires de Ventenac (sols plus marneux) - ainsi que de formations siliceuses, roches métamorphiques de la Montagne Noire, schistes et gneiss.

Climat : Le Cabardès se situe dans une zone de transition, les coteaux à l'est ont un climat méditerranéen, un temps sec et chaud, des brouillards et des gelées occasionnels, l'ouest reste très chaud l'été mais plus humide au printemps. Vers le nord, le vignoble est plus en altitude et le temps est plus froid.

Production : Sur les 400 hectares des 18 communes exploités pour l'appellation Cabardès, 18 caves particulières et 4 coopératives obtiennent environ 20 000 hectolitres. Les rendements sont limités à 50 hl/ha. Les producteurs du Cabardès élaborent des vins de haute expression. Souvent profonds en couleur, presque opaques, ces vins développent des arômes de liqueur de cassis, de cerises noires, fruits confits, violette, cuir. Souples, puissants, riches, leurs caractéristiques varient en fonction des vignobles et du terroir, mais surtout en fonction des sensibilités et des choix de chaque vigneron.

Historique

Ce sont les romains qui, un siècle avant notre ère, ont introduit la culture de la vigne sur les pentes de la Montagne Noire, tandis qu'à une altitude supérieure, ils exploitaient des mines de fer et autres minéraux, dont les fours étaient alimentés par les arbres des belles forêts de chêne et de hêtre comme en témoignent les fouilles des villas romaines découvertes à Saint-Denis et Laprade en Cabardès. Plus tard, nous trouvons des témoignages de l'existence de ce vignoble dans des actes archivés (Cartulaire de Mahul). En 1005, les bénédictins de l'abbaye de Montolieu, Saint Jean-Baptiste de Maillard, octroyaient une autorisation de plantation de vignes aux habitants de Fare, localité située sur le plateau qui sépare les communes d'Alzonne et de Pezens. En 1709, une requête du conseil municipal de Montolieu signalait que, par suite d'un hiver très froid, vignes et oliviers avaient été anéantis par le gel, ce qui déclencha une grande misère. En 1750, le Seigneur de Villardonnel vendait le domaine de Fromental, comportant vignes et oliviers. En 1752, pendant la guerre de succession d'Espagne, Monsieur de Pennautier, Trésorier des Etats du Languedoc, Receveur Général du Clergé de France et Intendant des Armées Françaises en Espagne recevait régulièrement, à l'armée, ses vins de Pennautier. Il en approvisionnait les cantines des Généraux et on en buvait à sa table (journal de la Société d'Agriculture de Carcassonne IV p. 136). A cette époque, les paysans cultivaient la vigne en terrasses appelées "faysses" sur les coteaux de Montolieu, Villardonnel, Aragon, Ventenac-Cabardès, Salsigne, Conques, tandis que les villages du Haut Cabardès comme Caudebronde, La Tourette, Miraval, Mas Cabardès, tiraient leur principale ressource de la fabrication d'échalas et de vaisselle vinaire à partir des forêts de châtaigners.

Le Cartulaire de Mahul rapporte les commentaires du Baron Trouvé, Préfet d'empire de Carcassonne qui, en 1812, signalait la qualité des vins de cette région. En 1867, Félicien Pariset rapporte d'une manière élogieuse dans "Economie Rurale, Industrie, Moeurs et Usages de la Montagne Noire" la qualité des vins du Cabardès, expédiés à l'époque vers des pays lointains pour "améliorer" des crus plus réputés. L'essor viticole y fut d'autant plus vif au milieu du 19ème siècle que le phylloxéra qui rongeait l'ensemble du vignoble français épargnait encore cette région. L'existence depuis l'époque de Colbert, de nombreuses manufactures de textiles, puis de mégisseries et d'industrie minière favorisaient l'éclosion de petites exploitations, tandis que se constituaient des domaines essentiellement viticoles plus importants et plus tard l'édification de 5 caves coopératives.

 • Côtes de La Malepère (VDQS), au sud-ouest de Carcassonne : ici, côt et merlot sont les cépages principaux aux côtés du cinsaut.
 
Le vignoble produit 10.000 hl de rouges et rosés fruités et robustes. Au sud-ouest de la ville de Carcassonne, autour du Massif de la Malepère, ces vignobles produisent à plus de 90% des vins rouges qui sont très typés et gouleyants. Ils sont la rencontre de cépages atlantiques et méditerranéens.

Les vins rouges à la robe rouge intense, aux reflets violines ont un nez aux notes de fruits rouges et d'épices, la bouche est souple, équilibrée et d'une grande présence, les principaux cépages sont le Merlot, le Cot et le Cinsault.Pour les rosés, les cépages principaux sont le Cinsault, le Grenache et le Lladoner pelut.

1.1.7. Corbières

"Les Corbières : ce cru qui a de l'accent" dit un slogan.

Le vignoble, devenu AOC en 1985, occupe des coteaux calcaires, secs et rocailleux, brûlés de soleil, au sud-est de Carcassonne.
Les reliefs tourmentés, sillonnés de vallées tortueuses, admettent avec réticence la présence de rares bassins accueillants que la vigne s'empresse d'investir.

CHIFFRES CLEFS

15 000 hectares exploités 2 240 producteurs 38 caves coopératives 301 caves particulières Rendement moyen :45 hectolitres/hectare Production : 650 000 hectolitres 95 % de rouge 3.5 % de rosé 1.5 % de blanc Cette région, la moins arrosée de France, est en proie -300 jours par an- à des vents violents provoquant une érosion dévastatrice que les viticulteurs tentent de limiter en édifiant des murets.

Mais il s'agit là d'un des plus beaux terroirs du Midi.
23.000 ha ont été délimités sur 87 communes.

Dans l'arrondissement de Narbonne: les cantons de Durban, Sigean, Lézignan-Corbières, Narbonne, et Coursan.
Dans celui de Carcassonne : les cantons de Lagrasse, Tuchan, Monthounet, et Capendu.

15.000 ha en production sont exploités par 38 coopératives.

Ils produisent 650.000 hl d'un vin puissant, gras, qui peut être agréable dans sa jeunesse, mais plus souvent exige un vieillissement de quelques années.

On le boira donc à partir de 5 ans, 8 pour les meilleurs.
Excellent rapport qualité / prix.

Cépages rouges : carignan (avec une limite maximale variable selon les zones), grenache, mourvèdre; plus cinsaut (20% maximum), syrah, lladoner, terret noir, picpoul noir.
Cépages blancs : bourboulenc, maccabéo, et grenache blanc, doivent contribuer pour au moins 50%; plus terret blanc, picpoul, clairette, muscat, et 3 nouveaux : marsanne, roussanne, et vermentino.

La réflexion menée depuis plus de 10 ans, avec la collaboration de la chambre d'Agriculture de l'Aude et des services de I'INAO Narbonne, a permis de modifier le décret de I'AOC Corbières dans un esprit qualitatif (en cours de validation). densité minimum 4000 pieds à l'hectare pour les plantations réalisées à compter de la parution du décret. taille en gobelet, 12 yeux (bourgeons) maximum par souche soit 6 coursons à deux yeux. en cordon de Royat, 12 yeux maximum par souche répartis sur 6 coursons à 2 yeux ou 8 à 10 coursons à 1 oeil. en Guyot, 10 yeux maximum par souche, 6 yeux sur la baguette plus deux coursons à deux yeux ou 8 yeux sur la baguette plus un courson à deux yeux. Par ailleurs, dans un but de maîtrise des rendements et des phénomènes de maturation, la pratique des vendanges en vert se répand. Elles consistent à éliminer au moment de leur sortie les grappes en surnombre pour obtenir un équilibre optimum entre surface foliaire et récolte. la conduite raisonnée Le climat venté des Corbières permet d'éviter une trop grande fréquence des traitements. L'état sanitaire de la vendange est naturellement bon.

Cependant les vignerons des Corbières souhaitent aller plus loin dans une démarche de conduite raisonnée du vignoble; des expériences sont entreprises dans différents secteurs. Pour le vigneron, il s'agit d'apprécier en permanence le seuil de nuisibilité au delà duquel le traitement est nécessaire. Il s'agit aussi de faire de la prévention. Ce travail s'effectue en groupes assistés de conseillers techniques et tient à la fois de l’échange d'expériences et de la compilation de données scientifiques pour prévenir les maladies (logiciel EPI, Etat Potentiel d'Infestation par exemple). Ceci s'accompagne d'une réflexion sur l'aspect environnemental dans la perspective des futurs Contrats territoriaux d'exploitation. L'entretien des abords du vignoble (murets, fossés, arbres fruitiers) devient un enjeu en terme d'image mais aussi de protection contre les phénomènes de ravinement notamment. les vendanges Contrôle à la parcelle, sélection des apports, traçabilité concourent à garantir une qualité des vendanges, fondement de la réussite des vinifications futures. Les vendanges se font essentiellement à la main, elles s'échelonnent de septembre à octobre sur environ 6 semaines en fonction des cépages et des types de vins recherchés. Les professionnels de l'appellation sont décidés à la faire progresser très vite, comme en témoigne par exemple le déclassement de 30.000 hl en 1990.

Ils ont déjà obtenu de l'INAO la reconnaissance de 4 Crus (Boutenac, Durban, Lagrasse, et Sigean) et ils proposent la définition de 7 autres Crus selon des critères géologiques et écologiques.

Ces 11 terroirs sont, du nord au sud :

 • Lézignan : ce terroir, le moins accidenté des Corbières, accapare à lui seul le quart de la surface plantée. La vigne s'est développée sur des terrasses caillouteuses. Le mourvèdre, qui apprécie les arrière-saisons ensoleillées, donne des vins amples et longs. Voir le Château Etang des Colombes, d'Henri Gualco, en particulier pour sa cuvée Tradition. Sa Sélection du Bois des Dames est fait en macération carbonique. Dans un autre ordre d'idées, voir à Lézignan les Caves Saury-Serres pour leur Musée de la Vigne et du Vin abritant une collection d'outils anciens rares, ainsi qu'une bibliothèque de 400 ouvrages.

 • Boutenac : ce terroir prolonge celui de Lézignan, dont il est séparé par l'A61 (autoroute des Deux-Mers).
De petites collines de sols peu fertiles portent les plus vieux carignans de l'appellation, qui peuvent donner de très bons résultats lorsqu'ils sont parfaitement maîtrisés.

 • Lagrasse : abbaye fondée par Charlemagne. Des coteaux s'étendant entre deux rangs montagneux, de part et d'autre de la vallée de l'Orbieu, aux terres rouges recouvrant un sous-sol de calcaire dur. Le climat méditerranéen est tempéré par l'altitude, avec de belles arrière-saisons propices aux vendanges tardives. Grenache et syrah de garde. Voir le Château Saint-Auriol, à Lagrasse.

 • Saint-Victor : des terrains de grès, de calcaire, et de schistes, favorables à la vigne.
Bons rosés.

 • Durban : ce terroir, qui coïncide en partie avec la zone centrale de l'AOC Fitou, est situé dans les Hautes Corbières, ceinturées par une barrière rocheuse interdisant l'influence maritime. Les étés, secs, sont ponctués d'orages violents. La vigne s'accroche aux flancs des coteaux, sur des sols maigres aux rendements minimes. Le terrain, favorable au grenache, donne des vins aromatiques aux senteurs de garrigue.

 • Termenès : altitude, climat sec, parfois froid, propice aux blancs, terroir d'élection pour marsanne et roussanne.

 • Queribus : ce petit terroir (1% de l'appellation) voisin de Termenès et limitrophe de celui de Maury comprend trois communes. Il occupe les versants caillouteux de la vallée du Verdouble, qui donnent des rouges veloutés de grenache et surtout de syrah. Mais les sols calcaires sont favorables aux blancs.

A l'Est :
 
 • Sigean : ce terroir au sols calcaires, qui compte Roquefort parmi ses communes, reçoit peu de pluies, mais jouit de l'influence de la Méditerranée avec un ensoleillement propice au mourvèdre, dont on dit qu'il adore voir la mer (et qui est préconisé à hauteur de 30% à l'avenir). A lui seul, ce terroir produit le quart de l'appellation. Des vins pleins de chaleur et de noblesse, aux tanins veloutés. Si vous avez aimé Pierre Richard au cinéma, vous pouvez obtenir le rouge et le rosé du grand blond à la chaussette noire, le Château Bel-Evêque, à Gruissan.

 • Autour de l'abbaye de Fontfroide : des sols gréseux; le massif forestier fait écran au vent d'est et rend l'influence maritime plus discrète, d'où un climat parmi les plus secs de l'appellation. Les vins sont épicés et structurés.
 
A l'Ouest :

 • la Montagne d'Alaric : au sud-est immédiat de Carcassonne, le vignoble en balcon domine la plaine de l'Aude, sur des sols de calcaire et de graves, et bénéficie d'un climat méditerranéen tempéré. Syrah et grenache se prêtent à l'élevage en barriques. Voir le Ch. de Cabriac, à Conques-sur-Orbiel. Claire Villars y poursuit l'oeuvre entreprise par sa mère. Sa cuvée de prestige, Marquise de Puivert , est faite de mourvèdre à 55%.

 • Serviès : une succession de cuvettes isolées par des collines rocheuses. Des marnes et molasses calcaires propices à la syrah, qui devra être le cépage exclusif à l'avenir. Voir le Domaine Baillat, à Montlaur.

1.1.8.Limoux

Trois appellations portent le nom de Limoux :

 • Limoux,
 • Blanquette de Limoux,
 • et Crémant de Limoux.
 
Mais Limoux n'est en fait que l'un des centres principaux de l'aire d'appellation : 3.000 ha sur 42 communes ayant en commun des sols calcaires et caillouteux. Blanquette de Limoux et Crémant de Limoux sont les seuls vins mousseux du Languedoc-Roussillon. 60.000 hl de mousseux sont élaborés par seconde fermentation en bouteille, à partir de cépages originaux pour la région : mauzac pour au moins 90% (blanquette est l'ancien nom du mauzac), plus du chenin blanc qui apporte de la fraîcheur, et du chardonnay qui apporte un bouquet léger mais complexe. La fermentation à basse température dure 2 à 3 semaines. Après clarification et ajout de la liqueur de tirage qui provoque la seconde fermentation en bouteille, le vin doit reposer sur lattes pendant au moins 9 mois.

La Blanquette existe en dosages brut, demi-sec, doux, et sa pression doit atteindre au moins 3,5 atmosphères.
Il convient de la boire dans ses 2 premières années.

Il faut signaler aussi l'AOC Blanquette méthode ancestrale : elle désigne des mousseux issus exclusivement de mauzac, obtenus par fermentation spontanée en bouteille.

Crémant de Limoux : Le décret du 21 août 1990 institue cette appellation qui n'accorde que 70% au mauzac, le chenin et le chardonnay pouvant donc entrer pour 30% mais avec un maximum de 20% pour chacun d'eux.

Limoux : Cette appellation confidentielle désigne un vin tranquille, sec, autrefois exclusivement issu du mauzac, aux discrets arômes évoquant la pomme.
Pour la première fois avec la récolte 92, l'appellation admet le chardonnay et le chenin, le mauzac restant cependant obligatoire.

Le vin doit être élevé au moins jusqu'au 1er mai suivant la récolte, obligatoirement en fûts de chêne.

1.1.9. Costières de Nîmes

Au sud de Nîmes, entre Beaucaire et Saint-Gilles, les Costières forment une haute terrasse qui domine la plaine du Rhône. Comme à Chateauneuf, le vignoble occupe un sol de cailloux roulés qui emmagasinent la chaleur solaire le jour et la restituent pendant la nuit. 24 communes produisent 10.000 hl de blanc et 180.000 hl de rouge autrefois appelé "Costières du Gard", qui rappelle les Côtes-du-Rhône (particulièrement le Chusclan) et gagne à vieillir quelques années.

Les cépages rouges sont :
 • carignan et cinsaut (40% maximum),
 • grenache (au moins 25%),
 • mourvèdre et syrah (au moins 20%).

L'aramon est prohibé depuis 1968. Le terret noir, l'aspiran noir, l'aspiran gris, l'oeillade, et la counoise, le sont depuis 1995.

En blanc :
 • bourboulenc, clairette, grenache blanc,
 • et l'ugni blanc, limité à 40%.
 
Maccabéo, marsanne, roussanne, et rolle, admis à titre secondaire, ne doivent pas excéder 50% ensemble.

Terroir

Il couvre 24 communes et s'étend sur 25.000 hectares de collines et plateaux entre 20 et 100 mètres d'altitude dont seul la moitié sont plantés. Composé d'alluvions caillouteuses amenées par l'ère glaciaire et de cailloutis villafranchiens (gress) résultant de périodes alternées de réchauffement et de glaciation de l'ère quaternaire. Ce sont des galets souvent enveloppés, sur une épaisseur de 5 à 15 mètres, dans un sable dont la couleur varie du jaune clair au rouge foncé. On trouve également un lit d'argile rouge appelé "gapan", situé le plus souvent en profondeur ainsi que le "taparas" - sorte de ciment calcaire - qui lie les galets entre eux. La composition du sol permet la formation de nappe phréatique discontinue. Les galets emmagasinent la chaleur du soleil pendant la journée et la restituent la nuit. Toute la diversité des vins des Costières de Nîmes provient principalement de la variation d'épaisseur de ces différentes couches.

Climat

Le climat Méditerranéen avec influences maritimes est caractérisé par 3 composantes : le soleil avec plus de 250 jours d'ensoleillement par an, des pluies concentrées sur un nombre réduit de journées et le Mistral qui souffle et assainie le vignoble. L'amplitude des températures entre le nord et le sud de l'aire d'appellation ne dépasse pas 1°C. Grâce aux nappes phréatiques les ceps de vignes évitent la sécheresse estivale. Ces différents éléments produisent des raisins à fort potentiel et forte teneur en sucre.

Histoire

D'origine Romaine, le vignoble des Costières de Nîmes est l'un des plus anciens d'Europe, il est à la jonction de l'Occitanie et de la Provence. Les vins des Costières de Nîmes sont appréciés des Grecs puis des Romains, servis aux Papes d'Avignon, exportés dès le XVI° siècle. A la fin du XIX° siècle le phylloxéra détruit les vignes. Le vignoble replanté dans les plaines plus riches produit chaque année de plus en plus et perd de son âme et de sa qualité jusqu'en 1950, période ou Philippe Lamour insuffle une démarche qualitative avec étude des terroirs, nouveaux encépagements, recherches œnologiques et modernisation. Les Costières du Gard sont VDQS en 1950, AOC en 1986 et deviennent Costières de Nîmes en 1989.

Vinification

Après avoir été cueillis à maturation optimale et égrappés les raisins sont vinifiés de façon traditionnelle sans pour autant se passer de l'aide d'outils modernes et scientifiques comme les analyses de maturation et la maîtrise des températures. Une macération longue (3 à 4 semaines) ou courte (6 à 10 jours) pour les rouges suivant l'objectif à atteindre : vins de garde ou vins plus faciles à boire. L'élevage en cuves ou en barriques, avec aération des vins par soutirages, peut aller de 6 mois à 2 ans pour les vins de haut de gamme. Les vins rosés sont obtenus par courte macération avant saignée ou par pressurage direct. En fin de fermentation alcoolique, on les soutire pour un élevage sur lies fines de 3 à 4 mois. Pour éviter toute oxydation, les moûts de blancs sont pressés, débourbés et fermentent à basse température entre 10 et 12°C. Comme pour les rosés, les blancs sont soutirés en fin de fermentation alcoolique pour un élevage sur lies fines de 3 à 4 mois. Production Les vins rouges sont élégants, bien équilibrés, ronds, généreux et fins avec des arômes de fruits rouges et de fruits à noyau (prune, mirabelle, cerise). Jeunes, ils accompagnent les viandes grillées, plus âgés ils s'accordent avec viandes en sauce, fromages ou chocolat. Les vins rosés, gorgés de soleil, ont des arômes de fruits rouges et de fruits secs. Légers et frais en bouche ils sont à boire jeunes tout au long d'un repas et plus particulièrement sur des viandes blanches et des volailles. Les vins blancs sont fruités avec des arômes de fleurs, ont peut les boire en apéritifs mais aussi en accompagnement de fruits de mers, poissons grillés et pélardons. En 1998, plus de 150.000 hectolitres de rouge ont été produits, soit 70% des 217.000 hectolitres produits au total, 55.000 hectolitres de rosés, soit 25% de la production totale et 10.000 hectolitres de blancs soit 5% de la production totale.

Pour affirmer son image et sa typicité, les vins des Costières de Nîmes ont leur bouteille personnalisée avec le nom de l'appellation et le logo de la ville de Nîmes - un crocodile au pied d'un palmier - créé par Philippe Starck. Créé par François de Posquières en 1703, l'Ordre de la Boisson de la Stricte Observance n'a survécut que cinq années après le décés de son fondateur en 1735. Les vignerons des Costières l'on fait renaître en 1968, il est le lien entre public, consommateurs et vignerons et crée chaque année de nouvelles manifestations de promotions des Costières.La devise en est : "donec totum impleat" (Jusqu'à ce qu'il soit plein)...

1.1.10. Clairette de Bellegarde

Devenue AOC en 1949, cette appellation de la partie sud-est des Costières de Nîmes fournit 6.000 hl d'un blanc sec bien fruité, au bouquet caractéristique. Sensible à l'oxydation, il doit être consommé aussi jeune que possible.

1.1.11. Clairette du Languedoc

10.000 hl produits par 11 communes voisines des gorges de la vallée moyenne de l'Hérault : Aspiran, Adissau, Le Bosc, Cabrières, Ceyras, Fontès, Lieuran, Nizas, Paulhan, Péret, et Saint-André de Sangonis. Ces vins exclusivement de clairette peuvent être secs, demi-secs, ou moelleux. Ils titrent au moins 12%vol, et présentent un léger arrière-goût d'amertume qu'ils doivent au cépage. Il convient de les boire jeunes.

L'Appellation Contrôlée Clairette du Languedoc peut être suivie du nom de la commune d'origine (Appellation Village). La Clairette du Languedoc existe en sec, moelleux, "rancio" ou, très rarement, vin de liqueur.

Les vins secs doivent avoir un degré minimum d'alcool de 12°. Les vins moelleux doivent avoir un degré minimum d'alcool de 12° et comporter 12 à 45 grammes de sucre au litre. Les vins ayant la dénomination " rancio " doivent avoir un degré minimum d'alcool de 14°, ils proviennent de raisins récoltés à surmaturité. Ils doivent être très nettement madérisés à la suite d'un vieillissement naturel et nécessitent au minimum 3 ans de conservation.

La vinification souvent effectuée à température contrôlée peut se faire en fût de chêne, mais aussi en fût d'acacia ou fût de frêne (arbres traditionnels de la région), comme cela se faisait au temps où les fûts étaient surtout utilisés pour leur fonction de contenant et non pour le boisé apporté au vin.

Terroir

Le terroir est fait de terrasses villafranchiennes (ère du quaternaire ancien). Celles-ci sont composées de galets de quartz, de silex et de calcaires agglomérés dans une matrice argilo-sableuse. Egalement deux autres types de sols : des schistes et des calcaires.

Climat

Climat méditerranéen sec, ensoleillé et donc chaud, comportant aussi quelques influences des premiers contreforts des Cévennes.

Production

Dans les années 1980 on produisait 10 à 12.000 hectolitres de Clairette du Languedoc. Aujourd'hui, les 275 hectares d'AOC sont loin d'être exploités en totalité et l'on produit moins de 5.000 hectolitres de cette appellation par an. A cela principalement des raisons commerciales, la Clairette du Languedoc ne bénéficie pas d'une grande médiatisation, elle est peu connue du grand public, pourtant les vins blancs que nous avons gouttés sont très agréables aussi bien en moelleux qu'en sec. Ils allient finesse, complexité et ont l'avantage d'un taux d'acidité très faible. Les vignes sont en général assez âgées et ont un rendement moyen inférieur à 50 hectolitres à l'hectare. Les vignes sont taillées en gobelet ou palissées. Les tailles sont courtes sur un faible nombre de têtes pour respecter les exigences du sol et du climat. L'essentiel des vendanges se fait à la main et est entièrement égrappé.

Historique

La Clairette du Languedoc est un cépage originaire des bords du fleuve Hérault, ce cépage est toujours cultivé sur les Coteaux dominant la vallée. Au début de notre ère, Pline l'ancien évoquait déjà le Mustum ce qui signifiait vin blanc doux. Sur l'actuel territoire, un certain Genilis marquait déjà ses amphores avec GEN.F (Génllis Fécit). Le Maître Sommelier du Roi Louis XI sélectionna, en 1471-72, la Clairette sous forme de Picquardentz en vin Blanc sec et en Cleratz en vin blanc doux. On retrouve, au long des siècles la Clairette du Languedoc sous la dénomination de Pîcardan en vin blanc sec et le nom de Clairette en vin blanc doux. Le 28 septembre 1948, la Clairette passe en Appellation d'Origine Contrôlée Clairette du Languedoc. Certains vins sont élaborés en rancio; dans ce cas, ils proviennent de raisins surmûris, et subissent un élevage d'au moins 3 ans. La mention "rancio" garantit un titre d'au moins 14%vol.

De tels vins sont conservables 5 ans.

1.1.12. Un vin de pays de l'Hérault

Un cas peu banal : le Mas Daumas-Gassac.

La propriété, située à Aniane, à 25 kms ouest-nord-ouest de Montpellier, bénéficie d'une exposition idéale sur des pentes orientées au nord, et surtout d'un sol exceptionnel de poussières glaciaires rouges. C'est au professeur Enjalbert de l'Université de Bordeaux, aujourd'hui disparu, que revient le mérite de cette découverte. Mais c'est bel et bien à Aimé Guibert que reste le mérite d'avoir tiré profit de cette observation, d'avoir fait appel à Emile Peynaud, grand vinificateur médocain, pour le conseiller dans le choix des cépages, le type de chai, les modalités de la vinification, et d'avoir su promouvoir son vin.

Aujourd'hui, le cabernet sauvignon domine à 70%, complété par cabernet franc, tannat, malbec, syrah, pinot noir, et merlot.
Le vin est élevé 18 mois en barriques dont 10% sont neuves.

2. Vins doux naturels du Languedoc

Le muscat à petits grains -également appelé muscat de Frontignan- fournit les Muscat languedociens. Ces vins doivent contenir au moins 125 grammes de sucre résiduel, et sont donc plus doux que leurs homologues des Beaumes-de-Venise, lesquels ne sont astreints qu'à 115 grammes; quant à ceux de Rivesaltes, ils peuvent ne contenir que 100 grammes de sucre non fermenté.

2.1. Muscat de Frontignan

Rabelais vantait, par la bouche de Panurge, le vin de Frontignan, et Voltaire prétendait qu'il lui conservait la vie.

Deux AOC portent le nom de Frontignan : Muscat de Frontignan, et Frontignan.

Le Muscat de Frontignan (22.000 hl fournis par 800 ha sur deux communes) arbore une belle couleur jaune pâle. C'est le mieux connu des Muscat languedociens, dont il est souvent considéré comme l'archétype. Particularité de ce vin, il est passerillé -si l'on peut dire- par pincement ou torsion du pédoncule de la grappe, avant la vendange. La sève ne circulant plus, le raisin se déssèche prématurément, ce qui accroît sa teneur en sucre. Le vin résultant titre au moins 15%vol, souvent plus. La bouteille présente des cannelures torsadées.

L'appellation Frontignan désigne un vin de liqueur (mutage avant fermentation), d'où des taux de sucre élevés (185 grammes environ), mais aussi des arômes beaucoup mieux conservés que pour le Rivesaltes, par exemple.

2.2. Muscats de Mireval, Saint-Jean-de-Minervois, Lunel

Tous trois sont situés dans l'Hérault, issus de muscat à petits grains, et contiennent un minimum de 125 grammes de sucre par litre. Ils sont très voisins, géographiquement et œnologiquement, du Muscat de Frontignan.

Muscat de Mireval : 270 ha de sols calcaires donnent 8.800hl. Suave et délicat, il emplit bien la bouche de sa chaleur parfumée. Domaine de la Capelle.

Muscat de Lunel : 330 ha produisent 10.000hl dans le secteur des coteaux du Languedoc-Vérargues, sur les terrains caillouteux de Lunel, Lunel-Viel, Saturargues et Vérargues.

Muscat de Saint-Jean de Minervois : 120 ha fournissent 2.700 hl d'un vin fin et parfumé, avec des notes florales, qui se distingue des autres Muscat languedociens par le soupçon d'acidité que lui confère la relative fraîcheur de son terroir situé à une altitude plus élevée. En raison de cette fraîcheur, la vendange a lieu deux semaines plus tard que pour les autres Muscat. Alexis Lichine le considérait comme l'un des meilleurs.

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